Témoignages de patients

Cette rubrique vise à donner la parole à des patients ayant bénéficié de l’ICV et qui souhaitent témoigner à ce sujet afin d’éclairer d’autres personnes sur les indications, le déroulement et l’issue possible d’une thérapie par ICV. D’autres témoignages seront ajoutés dans les mois à venir, ou encore sont disponibles sur le site de Peggy Pace, http://www.lifespanintegration.com. Nos remerciements aux patients qui ont accepté de partager ainsi leur expérience personnelle de l’ICV.

Après avoir vécu une enfance traumatisée au travers de maltraitances verbales, physiques, agressions sexuelles et incestueuses, j’ai rencontré d’énormes difficultés à accorder ma confiance et à avoir des contacts avec autrui. Avoir des contacts physiques quels qu’ils soient était pour moi impossible car les viols subis représentaient une destruction inéluctable de mon être et je compare cela à un crime.
Après de telles agressions, j’ai développé des symptômes très importants tels que: peur, angoisses, tentatives de suicide, inhibition sexuelle ; j’étais atteinte dans mon intimité. Tant que je n’avais pas entamé un parcours de soins, j’ai pendant de nombreuses années continué à souffrir.
Après toutes ces épreuves, j’ai survécu comme j’ai pu et c’est dire combien l’envie de vivre était en moi mais, très souvent, le passé traumatique envahissait le présent avec parfois l’envie de mourir.
Aussi, à l’âge de 51 ans, après plusieurs expériences psychothérapeutiques qui ne m’ont pas permis de sortir de cet enfer, j’ai fait connaissance d’une psychothérapeute qui pratiquait l’EMDR (Désensibilisation et retraitement par les mouvements oculaires) et par la suite l’Intégration du Cycle de la Vie (ICV).
En effet, l’EMDR ne me permettant pas de sortir de mes traumatismes, nous avons alors abordé et privilégié la thérapie ICV, approche à laquelle j’ai adhéré de suite parce qu’elle fut plus douce, moins traumatisante que l’EMDR.
C’est donc par cette technique que j’ai soigné mes maux et réparé mon corps.
Mon corps a souffert et il devait lui aussi bénéficier de soins avec des thérapies corporelles pratiquées par des thérapeutes et soignants connaissant bien le sujet.
L’ICV m’a amenée à écrire mes tranches de vie (film de ma vie de ma naissance à ce jour).
A travers mes souvenirs que ma praticienne répétait à plusieurs reprises, elle m’a aidée à comprendre mes comportements. En visionnant ainsi le film de ma vie à répétition, cela m’a fait prendre conscience de ce qui a été vécu au plus profond de moi durant mon enfance, mais que j’avais également déployé, après ces années de cauchemar, des ressources de survie telles que les nombreux voyages culturels que j’ai pu faire, ma vie professionnelle pour sortir de la misère que j’avais connue, …
Mais surtout je me suis détachée de ce passé. Cette thérapie m‘a ainsi permis d’intégrer ces périodes traumatiques dans le passé et non dans le présent.
Un exemple flagrant qui me permet de constater que j’ai dépassé mes traumatismes: quand j’arrivais dans la maison de mon enfance, je ne me sentais pas bien, cela réactivait les traumatismes corporels endurés pendant des années. Aujourd’hui, mon corps ne réagit plus à ce lieu, à ces souvenirs, il a intégré que c’était du passé. Après un sérieux travail avec l’ICV et une thérapie de 6 ans, j’ai mis des choses en place pour
avancer, dépasser mes blocages et quitter l’aspect négatif des traumatismes vécus.
Aujourd’hui, à 57 ans, je ne vis plus dans le passé, je me sens libre, paisible, optimiste, libérée d’un poids, je suis présente à l’intérieur de moi, à l’écoute de moi-même et chose extraordinaire, je découvre la vie.
De plus, j’aborde les problèmes et les gère plus sereinement. Mes relations avec autrui ne sont plus sous l’emprise de la crainte et de la peur que l’on me fasse du mal. J’ai vaincu mes appréhensions et j’ai enfin de réelles complicités avec certaines personnes, choses pour lesquelles je me sentais totalement incapable auparavant.
Ma vie s’en trouve bouleversée. C’est vraiment une belle réparation qui n’est pas que superficielle mais bien en profondeur et, de surcroît, je suis sur un parcours de changement et d’évolution.
Oui, on peut se réparer de telles violences et se remettre dans la vie. C’est une renaissance complète et de beaux projets de vie sont maintenant possibles.
Je remercie vivement ma thérapeute qui a traité mes maux par la technique de l’Intégration du Cycle de la Vie et je me réjouis de vivre cette renaissance.
Ce fut LA technique qui m’a permis de sortir de cet enfer, de cette prison dans laquelle j’étais enfermée. Sans cela, je ne sais pas où je serais actuellement….
Il me paraît nécessaire et très important de parler de cette technique «au grand jour» car celle-ci est méconnue du grand public et il est primordial de «sauver» d’autres personnes embrigadées dans une violence qui les tue à terme.
DC, novembre 2014

    J’ai voulu travailler sur le lien fusionnel qui m’a toujours uni à ma mère, au point de ne jamais me sentir vraiment moi-même. Ma plus grande crainte, c’était de lui déplaire et d’être un jour abandonnée. J’éprouvais des sentiments identiques vis-à-vis de ma propre fille. J’ai donc commencé l’ICV.
Je savais que ma naissance avait coïncidé avec le décès de ma grand-mère maternelle qui souffrait d’un cancer depuis des mois. Âgée de 19 ans, ma mère est sortie de maternité pour enterrer sa propre mère, une situation de grande souffrance.
J’ai visualisé mon passé comme dans un film, avec l’aide de ma thérapeute. Lors de l’accouchement, il est apparu que le bébé, censer me représenter, ne voulait pas quitter le ventre de sa mère. Il avait peur. Je l’ai accueilli, mais j’étais incapable de le rassurer, de le réconforter… Sa vie future ne s’annonçait pas très rose, et je pleurais en lui parlant.
Heureusement, un peu à la fois au cours des séances, le film de ma vie passée s’est amélioré.
S’il m’était difficile de laisser ma mère, seule, se reposer en salle d’accouchement, je m’attachais de plus en plus à cette fillette. Je l’emmenais chez moi, dans ma véranda préférée, je la serrais très fort et lui parlais de son avenir en termes positifs. Elle connaîtrait des épreuves, mais elle pourrait les surmonter.
La présence de ma thérapeute, au moment de la naissance, ne m’a plus semblé indispensable. Il fallait aller vite, la vie nous attendait avec ses joies et ses peines.
Un temps, j’ai confondu ce bébé avec ma fille avec qui je vis une complicité très forte. Puis, le film s’est arrêté en douceur… C’était une évidence, cette fillette et moi-même n’étions qu’une seule et même personne. Tout devenait très simple.
Désormais, je me sens plus libre dans mon rapport avec les autres, en particulier vis-à-vis de ma fille. J’ai cessé de m’angoisser à son sujet, de la surprotéger. N’ayant plus peur de l’abandon, je pense avoir trouvé la bonne distance.
Ma mère est décédé depuis quelques années. Je me sens sereine vis-à-vis d’elle, elle ne pouvait pas m’accorder toute l’attention voulue dans de telles épreuves.
MJD, Lembersat 2012